Présentation du projet

Le tourisme, dans ses interactions avec la ville, le transport et les territoires occupe une place centrale dans la réflexion sur les futurs urbains. De par ses différents programmes de recherche, le groupe VTTT apporte des éléments sur la fabrique des lieux à différentes échelles (quartier, ville, lieux temporaires, métropole, etc.) et les temporalités qui les caractérisent.

Construction de nouveaux objets et questionnements de recherche

La production scientifique du groupe s’articule autour d’un objet, le tourisme, abordé non pas en tant que tel, mais par ses frontières, ses marges. Ainsi il ne s’agit de contribuer à la production d’une science du tourisme (si tant est qu’elle existe) mais d’apporter des regards multidisciplinaires voire transdisciplinaires sur le tourisme et ses relations avec la ville et les territoires à partir de thématiques, d’objets ou de concepts différents : transports et mobilité, conflits et complémentarités liés à la coprésence des touristes et des habitants, sports et loisirs, technologies digitales, espaces publics et depuis plus d’un an, méga évènements tels que les Jeux olympiques.

Contributions épistémologiques

Le fil directeur de nos travaux correspond à l'esprit du Labex: La production de connaissances scientifiques ne se construit pas seulement le long de trajectoires déterminées au sein de disciplines mais dans des interfaces, des croisements, des convergences disciplinaires et dans des creux et des interstices. Comme le soulignait déjà Richta en 1974, dans « la civilisation au carrefour », « Les disciplines mitoyennes, les surfaces de contacts entre les sciences, les zones de recherche interdisciplinaires, deviennent aujourd’hui les foyers de nouvelles découvertes » (Richta (1974, p. 261). Ainsi lorsque nous abordons l’objet tourisme, nous travaillons aux confins de la sociologie, de l'aménagement-urbanisme, de l’économie, des STAPS, de l'informatique / géomatique, de l’histoire et de la géographie, que nous contribuons à enrichir.

Apport à l’état des connaissances empiriques dans un domaine de recherche

Notre groupe travaille depuis sa création dans un cadre urbain, interurbain ou métropolitain englobant des terrains pluriels qui sont autant d’espaces d'application de diverses méthodes empiriques (comptages, analyses statistiques, entretiens, parcours commentés, cartographie). Nos travaux sur la grande vitesse ferroviaire, les évènements tels que les évènement festifs (marché de Noel), les évènements sportifs (tournoi de Rolland Garros et plus récemment Jeux Olympiques), les évènements commerciaux (soldes à Val d’Europe), les usages et pratiques des bords de Marne ou de la forêt de Fontainebleau contribuent à la compréhension et à la mesure du tourisme dans ses interactions avec les espaces de la ville, qu’ils soient publics ou privés. Les enquêtes et les publications réalisées (cf. la liste remise au Labex, l’an passé) sont autant de nouvelles connaissances empiriques produites par le groupe sur les pratiques des différents types de présents dans les lieux.  

Les axes de recherche

Les recherches du Groupe Transversal s'articulent en trois axes :

Observatoire sur les Jeux Olympiques

L’Observatoire pour la Recherche sur les Méga-Evénements initié au sein de l’université Paris-Est est une plateforme qui fédère plusieurs dizaines de chercheurs dont les travaux portent sur l’héritage d’événements sportifs comme les JO à Paris en 2024 ou la Coupe du monde de rugby en 2023. Cette structure multi-partenariale a pour objectif de rassembler les recherches sur ces événements et d’être un interlocuteur central en matière d’accompagnement et d’évaluation d’impact et d’héritage. Son rôle est de promouvoir les travaux scientifiques dans toutes les disciplines et sur tous les thèmes liés aux méga-événements sportifs qui se déroulent en France : impulser, soutenir, développer et valoriser la recherche sur les événements et leur évaluation. En savoir plus.

Impacts et héritage des mégas-évènements dans la ville

Les Jeux Olympiques de Paris (JOP) 2024 sont une forme d'évènementiel durant lequel habitants, touristes notamment sportifs (mais pas seulement) seront coprésents à Paris et plus généralement en Ile de France. Les JOP constituent ainsi un nouveau terrain dans le cadre du projet « Usages des lieux par les touristes et les habitants ». Ces JOP concernent en premier Paris mais aussi plus largement l’Ile de France. Ils sont ainsi susceptibles d’être un outil au service du développement dans des villes moyennes autour de Paris. 

Un projet de coopération est par ailleurs en cours d’élaboration avec des partenaires japonais (Chuo University, EcoMO, Toyota). La recherche se propose de contribuer à l’identification des liens entre JOP, tourisme et héritage. En savoir plus.

Tourisme dans les territoires populaires

Le tourisme moderne s’est structuré à partir d’une différenciation nette des temps sociaux (temps de travail par rapport à temps de récréation), et des espaces (stations, centres urbains, parcs). Dans le cadre d’une mise en tourisme « généralisée », en tout temps et en tous lieux (Urry, 1990), du moins croissante, les manifestations contemporaines du tourisme révèle une porosité entre territoires touristiques et non touristiques. Outre la touristification accrue dans de nombreux périmètres centraux qui font face à des phénomènes de sur-tourisme, il y a un « front touristique », qui est aussiculturel et patrimonial » à l’œuvre dans des territoires qui jusqu’ici n’étaient peu ou pas touché par le tourisme. C’est le cas de nombreux territoires populaires, que ce soient des quartiers proches des centres (Belleville à Paris), des banlieues de premières couronnes (Saint-Denis, avec les prémices d’un tourisme de banlieue, mais aussi les Jeux Olympiques), des villes à l’industrie déclinante qui se touristifient rapidement (Douarnenez, Arles). En savoir plus.